Inondations : demain la France sous les eaux ?

Les effets du changement climatique en France, ce sont aussi de profondes perturbations du cycle de l’eau entraînant des inondations de plus en plus fréquentes, potentiellement dévastatrices. Heureusement, nous pouvons agir.

 

Le cycle de l’eau en France est fortement perturbé par le changement climatique. Si les précipitations moyennes constatées sur une année changent peu, ces pluies sont en revanche beaucoup plus concentrées, avec des phénomènes extrêmes très marqués : des orages violents qui succèdent à de longues périodes sèches.

Cette alternance entre manque et excès d’eau a des effets dévastateurs. Car quand il devient trop sec, le sol – dont la perméabilité est déjà réduite par l’artificialisation des terrains – absorbe mal l’eau : il génère alors ruissellements, crues et inondations. Les inondations se trouvent au cœur d’un paradoxe : la concentration des pluies en surface participe, en sous-sol, à l’assèchement des nappes phréatiques.

Selon le World Resources Institute, deux fois plus de personnes seront victimes dans le monde d’inondations en 2030 qu’en 2010, causant des impacts d’ampleur sur nos territoires et leurs infrastructures, mais aussi sur les populations et l’accès à des services essentiels, comme l’eau potable. En effet, au-delà des polluants drainés par le ruissellement, l’excès soudain de précipitations peut altérer le pH de l’eau, la rendant corrosive pour les canalisations. La tempête Alex, avec ses eaux torrentielles qui ont dévasté il y a deux ans l’arrière-pays niçois et la vallée de la Roya, en est un triste exemple. 

En France, les inondations représentent à échéance 2050 le premier risque climatique. Les experts tablent sur une hausse de leur fréquence sur l’ensemble du territoire en raison d’une évolution du régime des pluies : plus élevées sur les deux tiers nord du territoire, et plus rares mais plus intenses sur un grand quart Sud-Est. Ainsi, les pertes économiques liées aux risques d’inondations devraient augmenter de +110 % d’ici 2050. Quant aux crues éclairs, la hausse de la sinistralité attendue est de l’ordre de +130 %.

Inondations (1982-2015)

Carte de France des Pluies (1982-2015)

©Veolia, Data.gouv.fr

Pluies extrêmes, horizon 2041-2070

Carte France Pluies extrêmes, horizon 2041-2070

©Veolia, Portail Drias du Ministère de la Transition écologique - Simulation climatique médiane, RCP8.5

Autre conséquence des inondations : la saturation des réseaux d’assainissement, qui évacuent les eaux usées jusqu’aux stations d’épuration. Dans certains cas, ces réseaux peuvent déborder, se déversant alors dans le milieu naturel.

Gestionnaire d’infrastructures essentielles, Veolia déploie des solutions pour protéger les territoires des effets de ces catastrophes, depuis longtemps déjà. 

Ainsi, suite aux inondations de juillet 1982 qui avaient causé d’importants dégâts humains et financiers dans la Vallée de la Bièvre, celle-ci s’est équipée d’un système automatisé de surveillance en temps réel des crues. Après la mise en place de deux bassins de retenue supplémentaires, le Syndicat Intercommunal pour l’Assainissement a fait appel à Veolia pour déployer de nouvelles solutions, comme l’installation de pluviographes, l’évaluation en continu du fonctionnement hydraulique de la Bièvre et de son système de régulation, la mise en place d’un outil de prévision des crues…

Plus récemment, Veolia a développé des outils digitaux (capteurs et logiciel de collecte et d’analyse de données) pour encore mieux piloter les réseaux d’assainissement. Ils permettent en temps réel de surveiller le fonctionnement des réseaux et des stations d'épuration, d’analyser la qualité de l’eau transitant par les réseaux, et de déclencher des alertes en cas d’écart avec les normes. Pour des installations industrielles, Veolia a même construit un « jumeau numérique » reposant sur des algorithmes avancés, pour fournir en continu des recommandations au centre de contrôle.

Ensemble, ces outils permettent de mieux gérer et surveiller l’intégralité du réseau d’eau. Avec le pilotage dynamique du débit des réseaux, on peut éviter les débordements et mieux utiliser le réseau pour stocker l’eau en modulant les débits.
 

Grâce à ces outils reposant à la fois sur les technologies digitales et sur notre expertise dans l’assainissement, les territoires sont plus forts, mieux préparés à faire face aux risques accrus d’inondation.


 

POUR EN SAVOIR PLUS SUR NOS SOLUTIONS :

Vincent Chevalier

Directeur Energies et Décarbonation

Veolia Eau France - Direction du Développement

T +33 6 27 33 13 69