19 mai 2015

Pompes à chaleur eau de mer : une étude technico-scientifique montre leur pertinence

Copiloté par Veolia et Dalkia Méditerranée, le projet Optima Pac est destiné à maîtriser l’impact des pompes à chaleur sur le milieu marin. Ses résultats, très encourageants, ont été dévoilés le 21 avril dernier à Monaco, en présence de S.A.S. le Prince Albert II, très intéressé par ces résultats.

 
Présentations des résultats d'OptimaPac à Monaco, le 21 avril 2015


Elle a nécessité quatre ans de travaux et mobilisé 25 chercheurs et ingénieurs. L’étude OptimaPac(1) apporte des réponses sur l’impact réel des pompes à chaleur (PAC) sur le milieu marin grâce aux mesures réalisées et les moyens d’optimiser leur conception et exploitation, grâce à la mise au point d’un outil d’aide à la décision.
 

Un impact mesuré « très limité » et maitrisé

Monaco

Avec 17% de son énergie produite grâce à 70 PAC installées avec cette technologie d’utilisation de la ressource mer, la Principauté de Monaco,  précurseur dans ce domaine, était le site d’analyse idéal. Quant aux résultats, dévoilés le 21 avril dernier, ils sont prometteurs et d’un grand intérêt.

« Dans le contexte monégasque, les pompes à chaleur en eau de mer ne viennent pas perturber le milieu marin environnant. C’est désormais acquis  », avance Marie-Christine Huau, directrice de projets Veolia et coordinatrice du programme OptimaPac.

L’étude montre que leur impact est limité tant dans l’intensité que sur la surface concernée. En milieu ouvert, les variations de températures mesurées de l’eau vont ainsi de – 0,2°C l’hiver à + 1°C l’été - ce qui reste « très modéré » - et l’effet est circonscrit aux cinq premiers mètres de la colonne d’eau.


L’étude montre également qu’il n’est pas utile d’aller systématiquement sous la thermocline(2) à plus de 30 mètres de fonds pour pomper, et que l’optimum entre performance énergétique /impact environnemental / investissement peut se trouver dans la zone des 20 mètres. Une attention particulière est à porter pour les rejets dans deux configurations, en sites confinés et pour des zones de milieux marins aux habitats patrimoniaux sensibles.
 

Un projet qui suscite l’intérêt

L’enjeu est important pour le développement de la filière des PAC eau de mer. D’autant plus que cette technologie est particulièrement adaptée en Méditerranée, sur son littoral côtier urbain type marinas et éco-quartiers de bord de mer, et pour ses ports.

OptimaPac suscite en tout cas déjà beaucoup d’enthousiasme, comme lors des 8e Rencontres nationales des activités portuaires et du développement durable de Nice, quelques jours avant la présentation de l’étude à Monaco. « On ne s’attendait pas à un tel succès, raconte Marc Desigaud, directeur commercial du Centre Régional Côte d’Azur de Veolia. Le projet a cristallisé l’essentiel des demandes. »
 

Un partenariat cohérent

De fait, le copilotage de Veolia dans ce projet fait écho à la manière d’envisager notre métier : avoir une approche plus globale sur les technologies, être attentif aux contextes littoraux, être plus respectueux de la planète et des êtres humains. Et il répond pleinement à la mission du groupe : « Ressourcer le monde ».

 
OptimaPac oeuvre pour la préservation de la biodiversité - © Oceanica Prod
En effet, la mer est un formidable réservoir d’énergie thermique renouvelable. En copilotant à cette étude, Veolia souligne ses engagements en matière de développement durable parmi lesquels :
  • une gestion durable des ressources naturelles : ce procédé innovant permet en effet de pérenniser la ressource, de limiter les consommations en énergie fossile et d’améliorer la productivité des ressources ;
  • la préservation de la biodiversité : OptimaPac observe la démarche écologique du projet et sa vigilance quant à la préservation des milieux naturels, ici, le milieu marin.


Enfin, les PAC eau de mer contribuent  à la réduction des gaz à effet de serre, un sujet qui sera au cœur des débats de la COP21, la conférence mondiale sur le climat, qui se tiendra à Paris à partir du 30 novembre prochain.


Aller plus loin :
* En savoir plus sur les Pompes à chaleur eau de mer 

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(1) Lancé en 2011, le projet Optimapac est cofinancé par l’Etat, la Région PACA, le Conseil Départemental des Alpes-Maritimes et la Principauté de Monaco. Les partenaires industriels sont Dalkia Mediterranée, Veolia, Acri, Crudeli et Barriquand ; les partenaires scientifiques : le laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer et le laboratoire Ecomers de Nice.  

(2) Limite entre les eaux profondes, froides, et les eaux de surface, plus chaudes.


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Date de publication : le 19 mai 2015
Date de dernière modification : le 19 mai 2015