Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) font partie des “nouveaux polluants” désormais recherchés dans l’eau que Veolia distribue aux consommateurs.
Majoritairement issus d’activités industrielles, ces micropolluants suscitent une vigilance accrue des autorités sanitaires en raison des incertitudes qui persistent sur leurs effets à long terme pour la santé humaine.
Conformément à la réglementation européenne en vigueur, Veolia surveille à grande échelle 20 PFAS dans l’eau potable qu’elle fournit et accompagne les collectivités locales en cas de dépassement du seuil réglementaire, afin de définir les actions correctives nécessaires – y compris, si besoin, un renforcement du traitement de la ressource – et d’informer les consommateurs de manière transparente.
Pour une approche complémentaire, découvrez notre article pédagogique qui répond aux principales questions des citoyens sur ces substances et la qualité de l’eau du robinet:
› Mon eau est-elle vraiment sûre face aux polluants éternels ?
Pourquoi les PFAS sont-ils parfois surnommés "polluants éternels" ?
On parle parfois de “polluants éternels” pour désigner les PFAS, en raison de leur persistance dans l’environnement.
Leur forte stabilité chimique limite les phénomènes de dégradation naturelle, ce qui explique qu’ils puissent s’accumuler au fil du temps loin de leur source d’émission.
Ce surnom ne doit toutefois pas laisser penser qu’aucune action n’est possible : pour les 20 PFAS aujourd’hui réglementés dans l’eau potable, il existe des méthodes fiables d’analyse et des procédés de traitement permettant de réduire efficacement leur présence dans l’eau distribuée.
PFAS et santé : quels enjeux ?
Les PFAS sont désormais détectés à des niveaux variables dans l’environnement (eaux, sols, air) et dans notre alimentation.
De nombreux travaux de recherche sont en cours pour mieux caractériser leurs impacts, mais plusieurs études suggèrent que, au-delà de certains niveaux d’exposition ou pour certains composés, des risques sanitaires ne peuvent être exclus.
En France, un rapport remis au Premier ministre en 2024 indique que certains PFAS pourraient être associés à des effets chroniques (foie, cholestérol, système immunitaire, certains cancers ou encore risques accrus d’hypertension chez la femme enceinte), ce qui justifie la mise en place d’une surveillance renforcée et de seuils de qualité dans l’eau potable.
Veolia suit de près l’évolution des connaissances scientifiques et réglementaires, en lien avec les autorités et les organismes de santé, pour adapter en continu ses protocoles de contrôle et ses solutions de traitement.
Quelle réglementation pour les PFAS dans l’eau potable ?
La directive européenne sur l’eau potable adoptée en 2020 a introduit de nouveaux paramètres à surveiller, dont un groupe de 20 PFAS dans l’eau destinée à la consommation humaine.
La France a transposé ces exigences dans son cadre réglementaire, ce qui a conduit à l’ajout d’un critère qualité spécifique pour la somme de ces 20 PFAS.
Depuis le 1er janvier 2023, la somme des 20 PFAS réglementés ne doit pas dépasser 0,1 microgramme par litre pour que l’eau distribuée soit considérée comme conforme.
Cette surveillance est désormais obligatoire pour les services d’eau potable et s’inscrit dans les contrôles sanitaires encadrés par les Agences Régionales de Santé (ARS).
À partir de 2026, ces paramètres seront intégrés de manière systématique dans les programmes de contrôle sanitaire mis en œuvre par les ARS.
En cas de dépassement, les autorités sanitaires peuvent décider de restrictions d’usage et définir, avec l’exploitant et la collectivité, les mesures de gestion appropriées.
Pour approfondir la question des seuils réglementaires de qualité de l’eau potable en France, vous pouvez consulter la synthèse dédiée :
› Exigences de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine
Questions / Réponses
Ce qu'il faut savoir sur les PFAS
Dès que des méthodes d’analyse fiables ont été disponibles, Veolia a lancé une campagne nationale de mesure des 20 PFAS réglementés sur les points de production d’eau potable qu’elle exploite pour le compte des collectivités. Plus de 2 400 points de prélèvement, desservant plus de 20 millions d’habitants, ont ainsi été analysés en France.
Les résultats de cette campagne montrent que plus de 99 % des points de prélèvement analysés respectent la limite de qualité fixée pour la somme des 20 PFAS. Pour les situations où un dépassement a été constaté, Veolia a immédiatement informé l’ARS et la collectivité concernée et proposé, en lien avec elles, un plan d’action sur mesure pour revenir à la conformité.
Cette démarche, engagée en anticipation de l’obligation réglementaire de 2026, permet d’établir un état des lieux solide de la présence des PFAS dans l’eau potable en France et de disposer de retours d’expérience concrets pour améliorer la gestion de ces pollutions émergentes.
Pour plus de détails sur cette campagne, ses résultats et le dispositif mis en place, consultez le communiqué :
› “Veolia conclut sa campagne de détection des PFAS dans l’eau potable en France et renforce son plan d’action”
Mesurer
pour agir
Faire le bon diagnostic : la solution Diabolo de Veolia
Pour appuyer ce travail de diagnostic, Veolia s’appuie notamment sur “Diabolo”, un laboratoire mobile développé par nos équipes.
Installé directement à proximité du captage, Diabolo permet de réaliser des analyses fines afin d’identifier les PFAS présents, de mesurer leur concentration et d’évaluer la performance de différents procédés de traitement dans le contexte local.
Diabolo est utilisé pour sélectionner le charbon actif le plus efficace vis-à-vis des micropolluants détectés, estimer la quantité minimale de média filtrant nécessaire, la fréquence de renouvellement des filtres et le coût associé.
Cette approche combinant expertise scientifique et ingénierie de terrain offre aux collectivités une solution clé en main pour sécuriser rapidement l’approvisionnement en eau tout en optimisant les performances et les coûts du traitement.
Le dispositif Diabolo s’inscrit dans l’offre intégrée BeyondPFAS, qui regroupe les différentes étapes de gestion des PFAS – diagnostic, conception des solutions, exploitation des installations, gestion et traitement des déchets – au service des territoires et des industriels
Pour aller plus loin sur les solutions avancées déployées par Veolia en cas d’émergence de pollutions, vous pouvez également consulter la documentation sur les Unités Mobiles de Traitement (UMT), qui complètent le dispositif Diabolo sur le terrain.
Le diagnostic sur la ressource
Lorsqu’un dépassement est détecté, la première étape consiste à comprendre l’origine et la nature de la pollution.
S’agit-il d’un épisode ponctuel ou d’une contamination durable ? La ressource concernée est-elle une nappe souterraine, un captage en rivière ou une autre source ?
Ces investigations sont menées en étroite collaboration avec la collectivité et les autorités sanitaires.
Elles permettent de caractériser précisément les PFAS présents et d’orienter vers le procédé de traitement le plus adapté, car tous les PFAS ne réagissent pas de la même façon aux technologies disponibles.
Mesures d’urgence
En cas de dépassement avéré de la limite de qualité, des mesures de gestion immédiates peuvent être mises en œuvre pour protéger les consommateurs.
Cela peut se traduire, par exemple, par l’arrêt temporaire de l’utilisation de la ressource concernée, par un mélange avec une autre ressource ou par le déploiement rapide d’unités mobiles de traitement.
Veolia dispose d’un parc de plus de 30 unités mobiles de traitement de l’eau (UMT) pouvant être transportées et raccordées en quelques jours sur un site. Ces unités permettent d’assurer la continuité de service pendant la mise en place de solutions plus pérennes et peuvent traiter différents paramètres de qualité, dont certains PFAS.
Solutions de traitement pérennes
Pour un traitement durable des PFAS dans l’eau potable, plusieurs technologies peuvent être mobilisées.
Le charbon actif en est une composante clé : il adsorbe certains PFAS présents dans l’eau, mais doit être renouvelé ou régénéré régulièrement à mesure qu’il se charge en polluants.
Des procédés membranaires avancés, comme l’osmose inverse basse pression, permettent également de retenir une large gamme de PFAS. Dans certains cas, ces technologies peuvent être combinées avec d’autres procédés afin d’optimiser la performance globale de la filière de traitement.
Dans d’autres pays, des résines échangeuses d’ions sont utilisées pour traiter les PFAS présents dans l’eau brute. En France, l’utilisation de ces technologies sur l’eau potable nécessite un encadrement et des autorisations spécifiques de la part des autorités sanitaires.
Mesures correctives
en cas de dépassement
Les Unités Mobiles de Traitement de Veolia sont des installations compactes, généralement intégrées dans des conteneurs, conçues pour être déployées rapidement sur un site de production d’eau.
Elles sont particulièrement adaptées en situation de crise (pollution accidentelle, sécheresse, travaux sur une usine) ou pour répondre à des besoins temporaires de renforcement du traitement.
Selon la configuration retenue, les UMT peuvent traiter différentes problématiques de qualité de l’eau :
turbidité, pesticides, certains PFAS, nitrates, fer, manganèse, arsenic, composés organiques, voire dessalement d’eau de mer.
Elles offrent aux collectivités une solution modulable, réutilisable et financièrement maîtrisée pour s’adapter aux évolutions de la qualité de la ressource.
Pour en savoir plus sur ces installations et leurs capacités, consultez la brochure dédiée aux Unités Mobiles de Traitement d’eau.
Traiter rapidement les PFAS :
les Unités Mobiles de Traitement (UMT)
Les PFAS captés au cours du traitement de l’eau sont concentrés sur des supports spécifiques (charbon actif, membranes, résines, etc.).
Ces supports, une fois saturés, doivent être gérés comme des déchets et orientés vers des filières d’élimination adaptées, notamment des installations d’incinération à haute température capables de décomposer ces molécules.
La caractérisation de la présence des PFAS dans l’environnement et la mise au point de filières de traitement performantes constituent un chantier récent et prioritaire pour les autorités publiques.
En menant des campagnes d’analyses à grande échelle et en déployant des solutions de traitement, Veolia contribue à cet effort collectif et partage ses retours d’expérience avec les acteurs concernés.
La gestion des PFAS s’inscrit plus largement dans la démarche de Veolia pour lutter contre l’ensemble des micropolluants dans l’eau, qu’il s’agisse de ces substances ou d’autres contaminants comme les métabolites de pesticides, également surveillés et traités lorsqu’ils sont présents dans les ressources en eau.
Et après
le traitement ?
Pour aller plus loin
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Pour découvrir
l’ensemble des solutions de Veolia
pour accompagner les collectivités et les industriels dans la gestion de la ressource en eau, consultez notre page « Gestion de l’eau », ainsi que nos offres en matière de traitement des eaux usées qui complètent cette approche sur l’ensemble du cycle de l’eau.
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Pour une vision d’ensemble
des solutions de Veolia dédiées aux PFAS
et aux métabolites de pesticides (de la mesure au traitement et à la gestion des déchets), vous pouvez également consulter la page : “PFAS et métabolites de pesticides : les solutions Veolia”.