Reuse : une technologie maîtrisée

Pour faire face aux conséquences du changement climatique sur la ressource en eau douce (sécheresses, pénuries d’eau), la réutilisation des eaux usées traitées (Reuse) se présente comme une solution efficace. Acteur mondial reconnu en la matière, Veolia maîtrise les nombreuses technologies de traitement des eaux usées. Dans le respect de l’environnement et de la santé publique, ses systèmes génèrent la meilleure qualité d’eau possible, en fonction des usages, et contribuent à réduire la consommation d’eau.
Explications.

A Sainte-Maxime (Var), la ville a fait le choix d’arroser les espaces verts via un goutte à goutte alimenté par des eaux usées retraitées.

A Deauville (Calvados), les eaux usées retraitées sont utilisées pour le nettoyage des canalisations d'assainissement urbaines.

 

Deux exemples qui démontrent l’utilité du Reuse, et sa bonne acceptabilité par la population, pour préserver les ressources en eau douce, sans risque sanitaire ou environnemental. A condition que la technologie de traitement soit parfaitement maîtrisée.

Carte Deauville et Sainte-Maxime

« De ce point de vue, la réglementation en vigueur en France impose des critères très stricts, révèle Yvan Poussade, Senior Process Engineer chez Veolia.
Chez Veolia, nous utilisons nos systèmes de réutilisation des eaux usées après un traitement conventionnel de l’eau, effectué en station d’épuration. Nous avons une longue expérience de ce type de technologie que nous avons déjà déployée à travers le monde, en Afrique du Sud ou dans les Émirats Arabes Unis. Car si, en France, moins de 1% des eaux usées sont recyclées, le Reuse est largement adoptée dans certains pays, comme en Israël (90%), en Espagne (14%) ou même en Italie (8%). Nous avons donc su capitaliser sur ces expériences pour proposer à nos clients, collectivités locales ou industries, une offre complète de systèmes, des plus simples au plus complexes, pour répondre parfaitement à leurs besoins.
»

Une palette de technologies adaptée aux besoins des clients

Concrètement, pour éliminer les composés à risque contenus dans les eaux usées, deux phases sont nécessaires : la filtration et la désinfection (par irradiation d’UV et/ou chimique).

« Côté filtration, trois classes de systèmes existent : le premier niveau est la filtration grossière des eaux usées sur un tamis à maille métallique ou plastique. Elle supprime les matières en suspension d’une taille (seuil de coupure) comprise entre 10 et 50 micromètres*. La deuxième classe est la filtration granulaire avec des filtres à sable. La clarification de l’eau est encore plus poussée puisque le seuil de coupure est compris entre 1 et 5 micromètres. Enfin, le troisième système, le plus poussé, est la filtration membranaire qui élimine la matière en suspension sans turbidité** ainsi qu’une partie des bactéries et des virus. Cette ultrafiltration présente un seuil de coupure de 20 à 30 nanomètres***. »

Etape 1 : filtration tamis

Picto Phase 2 filtration granulaire

Etape 2 : filtration granulaire

Picto Phase 3 filtration membrane

Etape 3 : filtration membrane

Si rien de solide ne passe à travers ces membranes, certaines matières organiques dissoutes, comme l’azote et le phosphore, le peuvent. Sans risque en cas d’ingestion ou d’inhalation, la présence de ces nutriments bénéfiques est une aubaine pour la réutilisation des eaux usées épurées en agriculture, pour l’irrigation, par exemple, en permettant réduire le recours à des intrants chimiques, bien souvent importés. Il faut cependant les éliminer dans le cas d’un plan d’eau car ils peuvent contribuer au développement de micro-algues. Ainsi, en fonction des situations, Veolia adapte ses dispositifs de traitement.

Une réglementation stricte

« Selon les usages, la réglementation française détermine quatre niveaux de qualité sanitaire des eaux traitées -A, B, C et D- selon la proximité plus ou moins forte avec les activités humaines, reprend Yvan Poussade »

L'eau de catégorie A est ainsi autorisée pour l’irrigation des cultures maraîchères, des pâturages, des espaces verts ouverts au public, comme les golfs, les hippodromes et les jardins publics, ou encore les pépinières.

L'eau de qualité C, quant à elle, n'est autorisée que pour irriguer les taillis à courte rotation.

terrain de golf avec golfeurs

Ces technologies de pointe, parfaitement maîtrisées, tant sur le plan sanitaire qu’environnemental, démontrent l’utilité du Reuse pour recycler l’eau usée et lui donner une seconde vie afin de limiter les consommations d’eau douce.

Stations d'épuration

Bon à savoir

Le choix des filtres est également dicté par la qualité de l’eau entrante, arrivant dans nos systèmes de traitement, et sortante. Une donnée primordiale pour l’utilisation de l’eau dans l’industrie, qui nous impose de personnaliser davantage nos systèmes afin d’éliminer, par exemple, les pollutions dissoutes via des étapes de traitement supplémentaires nécessitant l’utilisation de membranes d’osmose inverse, pour les sels dissous notamment.

Le point de vue expert

Si aujourd'hui quelques projets tests sont en cours, la réglementation doit évoluer vers plus de souplesse pour permettre une utilisation plus large du Reuse, que ce soit dans la protection des incendies, les tours de refroidissement en milieu industriel ou les aménagements urbains pour rafraîchir la ville. Car, face à la pénurie d’eau en France qui a commencé à affecter, dans certaines régions, citoyens et acteurs économiques, le Reuse est une solution d’avenir à généraliser.

Yvan Poussade, Senior Process Engineer chez Veolia 

 

* Un micromètre est égal à un millionième de mètre

** La turbidité est la teneur de l’eau en matières qui la troublent

*** Un nanomètre est égal à un milliardième de mètre